Terrorisme sanitaire de l’État capitaliste

Séparation terroriste des prolétaires 

La distanciation sociale a toujours existé dans les sociétés marchandes. En effet, de même que les manoeuvres terroristes de diversion du pouvoir n’ont certainement pas attendu un virus, un Macron, ni même un agent islamique de la CIA pour saboter les grèves et autres effervescences sociales ; de même, la distanciation sociale est survenue il y des siècles déjà, dès l’instant où l’envahissement tyrannique du capital dans la vie intime et les esprits s’est rendu nécessité universelle. Les sous-hommes accoutumés à la logique égoïste et mercantile des intérêts particuliers ont toujours été séparés par la division moribonde du travail, et ne se sont jamais réunis sur le marché en tant qu’autres choses qu’atomes repliés sur eux-mêmes, dans un but strictement narcissique et individualiste. Ainsi, les présentes mesures terroristes dictées par l’État concernant la distanciation physique ne présentent rien de foncièrement nouveau et ne font que valider l’absolue nécessité, pour le pouvoir, de garder aussi grande que possible cette distanciation au sein de la masse asservie.

Ce qui est nouveau en revanche, c’est que l’obligation universelle de la séparation sociale soit devenue si flagrante, au point de se matérialiser dans une distanciation physique des personnes ainsi que dansl’incarcération (c’est-à-dire le « confinement », qu’il soit bref ou long) du prolétariat dans les demeures del’endormissement social.

Notons au passage la stupidité inhérente au terme de « confinement » qu’on emploie comme s’il était question d’une simple procédure d’enfermement d’individus consentants, alors qu’il s’agit en réalité de séquestrerles esprits et les personnes dans d’étroits espacesd’isolement, dans la seule fin d’atomiser le prolétariat. Il s’agit de tout entreprendre afin que le prolétariat ne soit pas uni dans la subversion générale. Une réelle union des prolétaires signalerait en effet le retour de l’incendie social des luttes de classes radicales, mettant ainsi le pouvoir de la classe dominante et l’existence des classes elles-mêmes en grand danger de mort…

C’est ainsi que l’oppression capitaliste use de contraintephysique et morale afin d’instaurer de fermes barrières entre les personnes : ce qu’on appelle les « gestes barrières » sont en réalité des barricades mentales dressées entre les prolétaires afin que ceux-ci ne s’unissent en dressant des barricades réelles, offensives.

Quant au port obligatoire du masque délétère, outre sa fonction mystificatrice de masquer la crise de l’exploitation capitaliste en lui substituant une diversion sanitaire, il est désormais la condition sine qua non de l’appartenance à la société capitaliste. Il est à la fois figure de la soumission à la marchandise et soumission des figures à la marchandise ; c’est pourquoi celui qui ne porte pas ce signe distinctif collaborateur se rend marginal et détestable aux yeux de la société. Le masque est devenu la médiation nécessaire pour que l’homme entre en relation avec l’homme.

Mais plus que le lien servile entre les personnes, il est le lien entre la personne et sa propre vie, car quiconque ne porte pas cette marque de soumission ne peut ni acheter, ni vendre, ni se déplacer, ni se nourrir. Une personne sans masque est une personne impuissante au même titre – et plus encore – qu’une personne sans argent…

« Elle fit que personne ne pût acheter ni vendre sans avoir la marque de la bête » 

Couvre-feu et (re-)séquestration du confinement

Les mesures coercitives de séquestration capitaliste – appelées en France « couvre-feu » ou « confinement » – ne font, elles aussi, qu’entériner ce qui était déjà vrai auparavant, à savoir l’interdiction de l’épanouissement et de la jouissance authentique au sein de notre société. Seule la rentabilisation infinie de l’espace social par le travail servile et l’achat du produit de ce même travail sont considérés comme activités dignes de ce nom. 

Tout ce qui concerne la vie jouissive hors de la logique stricte de l’accumulation mercantiliste est désormais officiellement décrété superflu mais surtout prohibé car potentiellement dangereux pour l’ordre social de l’exploitation. La politique terroriste de la marchandise en crise a officiellement rendu interdites les rencontres à l‘extérieur du travail, rendant ainsi impossible toute chaleur sociale autour des loisirs, des plaisirs nocturnes, des mets et des boissons, de la lune et des étoiles.

Et pourtant, cette même société en crise, par sa propagande médiatico-publicitaire et la distribution colossale de papier-monnaie, exhorte la population à dépenser massivement afin que s’écoule l’immense excédent de stocks qui encombrent un marché saturé depuis longtemps par les contradictions suicidaires du capital industriel…

Ainsi, cet État tyrannique cherche à la fois à séquestrer la masse chez elle et à lui faire acheter des produits sur le marché. Autrement dit, à l’esclave moderne, il est obligatoire de sortir afin de (se) vendre et d’acheter, mais interdit de consommer – dans une certaine mesure il est vrai. Il lui est absolument nécessaire de rester imbriqué dans le marché, mais il lui est formellement interdit de fréquenter des personnes ; ou plutôt, il ne lui est permis de fréquenter des personnes que dans la mesure où il se trouve sur le marché. Si le couvre-feu en France n’étaitpas instauré à 18 heures, c’est parce que les supermarchés étaient encore ouverts à cette heure-là. Aux yeux du capital, toute cette masse servile ne sert à rien si elle n’achète pas : il lui faut donc être enfermée chez elle dès l’instant où les marchandises sont enfermées dans les magasins. Le mode de vie des hommes est ainsi réglé sur le mode d’existence des marchandises…

« Il leur faut acheter des marchandises, et l’on fait en sorte qu’ils ne puissent garder de contact avec rien qui ne soit une marchandise. »

Ainsi, l’humanité prend progressivement conscience que la totalité de son existence est foncièrement gouvernée par le fétichisme de la marchandise, qu’elle n’est pas simplement enfermée dans la marchandisation de la vie mais aussi dans la vie de la marchandisation.

Il ne lui reste maintenant plus qu’à comprendre que ce malheur, comme les mensonges dont elle se voit victime, ne cesseront qu’à partir du moment où elle aura coupé tout contact avec la marchandise elle-même. Il s’agit pour l’humain de redevenir humain, c’est-à-dire invendable.

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