Présentation

Barricades est un groupe de diffusion critique dont la fonction consiste en la contribution au mouvement historique qui éradique définitivement le salariat et l’État. Le salariat – comme racine universelle de l’asservissement de l’homme par la dictature universelle de l’argent – et l’État – comme structure de coercition servant à maintenir cette exploitation – doivent tout deux être abolis afin que l’homme puisse devenir réellement maître de sa vie sociale.

Les principes fondamentaux du groupe Barricades :

– L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’est rien d’autre que l’histoire de la négation progressive de la nature humaine par l’aliénation de la vie sur le marché mondial. Commençant à la Révolution Néolithique, l’histoire est le mouvement par lequel l’humanité se voit de plus en plus dépossédée de l’objet de sa production et, finalement, de la production de son objet elle-même. Autrement dit, l’histoire mondiale est le progrès vers l’asservissement toujours plus parfait de l’Homme par lui-même. La marchandise, l’argent et leur production sociale sont les causes tangibles de ce douloureux processus historique. Aussi, il est vain de chercher la racine des fléaux universellement connus (comme la guerre, l’exploitation, la misère, etc.) ailleurs que dans la production marchande, base fondamentale sur laquelle se développe la tumeur sociale.

– La révolution universelle qui jaillira du mode de production capitaliste est l’inéluctable nécessité résultant des contradictions de la société actuelle. Elle ne saurait résulter d’un programme politique bien appliqué, ni d’un idéal subjectif qu’une secte isolée et éclairée voudrait imposer à l’ensemble de l’humanité ; elle est bien plutôt la destination objective de cette humanité universellement asservie qui abolit alors son asservissement. C’est pourquoi tout groupe d’action à prétention révolutionnaire se doit de rappeler, encore et toujours, que l’émancipation du prolétariat sera l’œuvre du prolétariat lui-même et non pas celle d’un parti politique ou d’une élite intellectuelle qui aurait, seul, trouvé la clef de la révolution sociale. En d’autres termes, l’émancipation de la pratique sociale se réalisera par la pratique même de l’émancipation, et non pas à partir d’une recette qui viendrait s’y imposer de l’extérieur.

– Le capital, depuis ses origines et dans son principe même, est une contradiction intrinsèquement insoluble, un problème ne trouvant aucune solution en lui-même. Ainsi, l’histoire du capital n’est rien d’autre qu’un processus nécrologique qui, à mesure qu’il progresse, dévoile peu à peu la raison d’être de son impossibilité et l’impossibilité de sa raison d’être. Certes, le capitalisme, comme système moribond basé sur l’exploitation et la servitude systématique, existe bel et bien, mais cette existence ne se résume qu’en une vaine tentative d’éluder ce qui est une aporie en soi : le salariat.

Très brièvement, cela se résume ainsi, à savoir que la classe dominante, pour accumuler du capital, se doit de vendre ses produits sur le marché afin de réaliser un profit contenu dans ces marchandises, cette réalisation du profit dépendant alors de la capacité de consommation de la société. Or, celle-ci n’est pas déterminée par la grandeur du pouvoir d’achat de la population mais par la relation que ce pouvoir de consommation entretient avec le rapport général de l’exploitation de la société, tel qu’il existe dans la sphère de production.

En d’autres termes, le salariat, dans sa nature même, présuppose, d’une part, l’exploitation de la classe des travailleurs par la classe capitaliste qui, d’autre part, cherche à vendre le produit de cette exploitation à ces mêmes hommes qu’il exploite : la classe dirigeante, dans le même temps, rend les hommes insolvables par leur exploitation et tente tout de même de vendre le produit du travail non payé à ces personnes qu’il exploite. Elle cherche à vendre à l’exploité sa propre exploitation, à faire de celui qui est asservi au travail un homme libre sur le marché.

De cette absurdité contradictoire découlent toutes les crises de surproduction, les guerres mondiales ou impérialistes, la généralisation du crédit et l’essor délirant du capital financier, ainsi que toutes les politiques économiques modernes, tout ceci s’avérant nécessaire dans un monde où la vie est universellement soumise à la logique capitaliste de production.

Le salariat est donc une immense contradiction dont la seule issue s’avère l’abolition du salariat lui-même, et il est synonyme de révolution mondiale.

La Révolution Néolithique comme renversement de la nature humaine

En des époques antérieures, on opposait à l’horreur sociale de la société l’âge d’or dans lequel l’homme vivait dans la joie permanente. On désignait alors les détenteurs du pouvoir comme responsables des maux de l’humanité sans pour autant être capable de décrire de façon matérialiste comment fut cet âge d’or. Il a fallu tout un progrès technique et scientifique pour que l’archéologie soit capable de montrer de façon claire et nette que cet âge d’or non seulement existe, mais aussi constitue de très loin la plus longue période que l’humanité n’ait jamais connue : le Paléolithique. Toutes les dénonciations religieuses sur le péché originel désignaient inconsciemment la Chute de la Révolution Néolithique. La période précédente, le Paléolithique, était celle des chasseurs-cueilleurs, celle qu’on appelle communisme primitif, où la Terre était propriété commune, où la production et la distribution des richesses étaient organisées en fonction des besoins de chaque membre de la Communauté. En ces temps-là, il n’y avait naturellement pas d’Etat, pas de marchandises, pas de chefs, pas de guerre, pas de division du travail, pas de dépression, pas de mal de dos, pas de pandémie, … Le Paléolithique constitue plus de 99,9% de l’épopée humaine, cette période fonde donc véritablement l’essence profonde de l’être humain. C’est pourquoi la Révolution néolithique est le moment qui marque le début du renversement de cette nature fondamentale, et que les Hommes, depuis lors, n’ont cessé de se la réapproprier à travers la pensée – religion ou philosophie – ou par la pratique – à travers les luttes de classe.

Cette révolution en apparence accidentelle et pernicieuse, était en réalité une nécessité imposée par le développement de la production. Ainsi, les sociétés humaines sédentarisées, inégalitaires, violentes et hiérarchisées sont tout aussi nécessaires, et ce qu’on appelle « l’Histoire » n’est rien d’autre que la suite logique de ce processus qui remplace la tradition primordiale par la vie vénale.

Ce à quoi nous nous opposons

Nous nous opposons à :

– L’écologie, qui sert à la fois à économiser les ressources du capital et à justifier certaines taxes imposées à une population donnée. En effet, l’écologie, en tant qu’économisation des ressources, n’est rien d’autre que l’économisation de l’économie ainsi que le meilleur alibi pour taxer la population au nom d’une cause extérieure : l’environnement.

Bien entendu, l’écolo ne sait rien de cela. Il adorerait avoir une planète propre, mais ne soucie pas d’avoir une âme sale. Il dit souvent : « Que sera la planète dans 50 ans ? », ou encore : « Qu’allons-nous dire à nos enfants ? ». Pourtant cela ne le gêne pas de léguer à ces mêmes enfants, ici et maintenant, un monde d’aliénation où règne la misère, où leurs rêves sont froidement piétinés devant la dure nécessité de travailler pour de l’argent… De tout ceci, l’écolo n’en a cure. Pour lui, seule la préservation saine des espaces importe vraiment. Mais on voit mal quel avantage a le mourrant d’avoir de beaux habits ?

– Les syndicats :

Contrairement à la vision communément admise, si les syndicats peuvent servir à préserver le taux d’exploitation à un niveau plus ou moins supportable, en temps d’insurrection sociale, les syndicats révèlent de manière tangible ce qu’ils ont toujours été : un organe d’asservissement contre-révolutionnaire au service de la classe capitaliste. Sous couvert de sauver l’intérêt des exploités, les syndicats cherchent en fait à sauver l’exploitation elle-même, car l’abolir impliquerait nécessairement l’inutilité des syndicats – ces derniers n’ayant alors plus de syndiqués. Pas de misère, pas de syndicat.

Autrement dit, en temps de paix, les syndicats empêchent pacifiquement l’émancipation des hommes ; en temps de crise, ils l’empêchent par la force.

– La démocratie, en tant que système pernicieux faisant croire — aux crédules — qu’il est possible de s’émanciper politiquement de l’économie, alors que l’histoire prouve que le politique n’a jamais rien fait d’autre que formaliser par une décision, populaire ou non, la domination d’une classe par une autre.

– Le marxisme, comme idéologie officielle du XXe siècle où le bloc totalitaire de l’Est démocratique semblait s’opposer au bloc démocratique de l’ouest totalitaire. Cette période historique marquant le passage à la domination absolue du mensonge sur le monde, vit surgir des capitalismes d’État (en Russie, en Asie, à Cuba et ailleurs) fallacieusement présentés comme « socialistes » ou « communistes », alors que ceux-ci ne faisaient que reproduire l’antagonisme de classes de façon étatique. Dès lors, l’immense majorité de la gauche, déjà en phase de décomposition, fut définitivement anéantie par les faux-semblants bolchéviques et par la propagande trompeuse de la Russie dite soviétique. Un groupe authentiquement révolutionnaire s’oppose évidemment à toute cette supercherie, notamment en dénonçant les mensonges du bolchévisme, du trotskisme et autres résidus poussiéreux du marxisme décrépit.

Le renversement du Capital et la suppression du salariat ne sont possibles que par l’auto-organisation anti-cheffiste du prolétariat qui s’abolit lui-même en abolissant les conditions de sa servitude. Il ne s’agit pas de « répartir convenablement les richesses » ou de dépouiller les riches, mais de tuer la misère sociale, qu’elle soit matérielle ou mentale.

En outre, nous récusons l’ensemble des partis politiques car nous refusons l’idée qu’un organe de spécialistes et d’idéologues puisse, au nom d’une base qu’il est censé représenter, se constituer afin d’organiser politiquement l’exploitation générale de l’homme par l’homme. La lutte n’est pas économique et encore moins politique. Concrètement, elle se fait sur la base d’assemblées révolutionnaires créées spontanément par le mouvement explosif de l’effervescence sociale. On pourra alors y établir le mandat impératif, c’est-à-dire l’exécution d’une tâche par un délégué révocable à tout instant.

Notre groupe d’intervention n’a pas vocation à dicter de façon extérieure la trajectoire fondamentale de la lutte, mais il en est l’expression théorique la plus consciente ; non seulement il établit une jonction, un rappel historique, entre les luttes passées et actuelles, mais aussi, il démystifie tous les grands mensonges de la société capitaliste.

Dès demain, la révolution se dressera de nouveau avec fracas pour le plus grand effroi de ceux qui se réjouissaient de la voir enterrée.

« J’étais, Je suis, Je serai ! »